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I. Généralités

     Un être vivant ne se développe que pour autant qu'en dehors des conditions de milieu - air, lumière, température - il puisse satisfaire tous les besoins requis pour son alimentation complète.

     Or, dans l’œuf, enfermé dans sa coquille, le futur pigeonneau est privé de tout contact avec l'extérieur dont il ne recevra plus rien si ce n'est de l'eau, de l'air et de la chaleur pendant l'incubation si elle a lieu. En dehors de cela, l'embryon est voué à une mort certaine.

     Dans ces conditions, il importe donc que soient emmagasinées dans l’œuf, avant la ponte, toutes les matières nécessaires à la formation d'un pigeonneau, y comprises des réserves que le jeune être utilisera dès les premiers jours de l'existence, alors qu'il ne reçoit encore aucune nourriture de ses parents.

     Il en résulte  forcément que si l'on veut que toutes ces matières alimentaires se retrouvent dans l’œuf à la disposition du futur pigeonneau, il devient nécessaire de les donner aux parents - aux deux - avant la ponte du premier œuf !

En cela, on ne perdra pas de vue que la distribution de ces substances alimentaires doivent être données longtemps déjà avant les accouplements afin que les parents soient saturés de tous ces éléments, après avoir comblé leurs propres besoins, et qu'ils voient, pourrait-on dire, forcés de les déposés dans le germe et dans l’œuf. Telle est la condition primordiale de la réussite en élevage et elle a plus d'importance qu'elle à longue portée, en ce sens, que si elle n'est pas réalisée, les jeunes ne naîtront pas ou, s'ils viennent à la vie, ils seront handicapés et resteront plus ou moins tels leur vie durant.

C'est ici que pourrait prendre place, avec un sens élargi, le vieil adage : tel père, tel fils. Il n'est nulle part mieux placé que dans le cas présent.

 

     Disons simplement que l'alimentation doit comporter, notamment, des protides, des substances minérales et des vitamines. Ce sont ces 3 genres d'éléments que doivent retenir en ordre principal, toute attention de la part de l'éleveur !

 

II. La reproduction

    1) Appareils reproducteurs

     a) Appareil génital mâle

     a) Appareil génital mâle

 

     L'appareil génital mâle comprend un système glandulaire constitué par 2 glandes génitales ou testicules et un système canaliculaire qui assure l'excrétion spermatique.

 

     Les testicules. -  Au nombre de 2, ils sont logés dans la cavité abdominale et suspendus à la région sous lombaire. Ce sont des organes ovoïdes, de consistance molle et de couleur crémeuse. Leur volume est très variable suivant l'âge, l'état de santé et la saison ; ils atteignent leur volume maximum à l'époque des amours.

 

    Le testicule est constitué par une membrane fibreuse très mince située à la périphérie qu'on appelle l'albuginée et par le parenchyne glandulaire ou pulpe séminale formé par les canalicules séminipares.

par suite de l'absence d'organe de la copulation, le coït ou accouplement consiste en un simple contact des lèvres cloacales du mâle et de la femelle.

Les lèvres du cloaque, surtout la lèvre supérieure est plus proéminente.

Tout obstacle au contact des lèvres cloacales (plumes, épaississements des lèvres) entraîne une réduction appréciable du pourcentage des œufs fécondés !

 

     Les testicules sont le siège d'une double fonction :

Une sécrétion externe (spermatozoïdes) et

Une sécrétion interne (hormones sexuels mâles).  Ces substances commandent le développement des caractères sexuels et le comportement psychique.

 

     b) Appareil génital femelle

     b) Appareil génital femelle

 

     L'appareil génital femelle comprend un système glandulaire réduit à un seul ovaire et un oviducte.

 

     L'ovaire. - organe essentiel de l'appareil génital femelle, est également le siège d'une double fonction fonction : fonction ovogénétique et fonction hormonogène.

     Chez les oiseaux, il n'existe qu'un ovaire du côté gauche. En forme de grappe, l'ovaire présente un nombre variable de follicules à des stades différents de leur développement. Vitellus jaune (jaune d’œuf) et vitellus blanc (blanc d’œuf).

     L'ovarectomie de l'ovaire gauche, réalisée par J.Benoît, permettait le développement  de la gonade embryonnaire et donnait naissance à une glande testiculaire parfaitement fonctionnelle et aux caractères sexuels du mâles !

 

     L'oviducte. - est un long conduit flexueux et dilatable qui s'étend de l'ovaire gauche jusqu'au cloaque. Il mesure habituellement entre 8 et 10 cm, mais en période de ponte, il peut atteindre les 40 cm. Au moment de l'ovulation, cette augmentation de longueur et d'épaisseur hormonalement provoquée entraîne une augmentation considérable du poids.

 

     On pourrait diviser l'oviducte en 3 parties. Une fois le jaune détaché de sa capsule, celui-ci rentre dans l'entonnoir (pavillon).

 

     Celui-ci s'engage alors dans la première partie, dont la longueur dépasse la moitié de la longueur totale de l'oviducte, qui possède une muqueuse riche en glandes albuminipares qui assure la sécrétion de l'albumine (blanc d’œuf) enveloppant l'ovule de couches successives. Au cours de la progression de l'ovule (jaune), le mouvement de rotation spirale autour de son axe provoque la formation de chalazes par torsion des couches albumineuses polaires.

En jouant le rôle de coussinets élastiques, amortisseurs des chocs, ces chalazes assurent la protection du vitellus.

 

     La 2° partie de l'oviducte secrète la membrane coquillière formée par 2 minces feuillets (cuticules) accolés sauf au niveau du gros pôle formant la chambre à air.

 

     La 3° partie d'une longueur de 7 à 8 cm, forme la chambre coquillière ou utérus : c'est dans cette partie que se forme la coquille.

 

    L'action d'un corps étranger s'exerçant à l'extrémité supérieur de l'oviducte déclenche le fonctionnement des 3 segments.

 

    2) La vie sexuelle

a) La vie sexuelle du mâle

     Au cours de la vie embryonnaire, l'ébauche génitale qui ultérieurement va donner naissance à un testicule ou à un ovaire, présente une structure absolument identique. C'est ce qu'on appelle la période d'indifférence sexuelle.

Lorsque l'ébauche gonadique se sexualise vers le sexe mâle, les cellules du testicule commencent leur individualisation jusqu'au moment de la puberté.

Les facteurs alimentaires et hygiéniques ont une action favorable sur la constitution génétique.

 

     Des chercheurs ont obtenu la formation de spermatozoïdes à l'âge de 5 1/2 semaines et l'apparition d'une puberté précoce.

Ce sont les hormones testiculaires naturelles qui entraînent des modifications dans les caractères sexuels et dans le comportement psychique des animaux.

Des chercheurs ont démontré, la dominance et la récessivité ne sont pas toujours des qualités innées. Lorsque le milieu extérieur change (nourriture, hygiène) des caractères internes existants s'évanouissent ou au contraire, des caractères inexistants apparaissent.

 

     La thyroïde joue un grand rôle  dans les "réglages" de dominance racial.

 

     On peut intervenir sur les énergies globales de l'organisme en stimulant les fonctions sexuelles, en agissant sur le métabolisme général, sur le psychisme et sur l'augmentation d'énergie.

 

     La thyroïdesectomie des pigeons mâles entraîne une atrophie testiculaire et la castration provoque une augmentation du poids des thyroïdes.

Sous l'influence des variations saisonnières sur le développement de la glande thyroïde, des chercheurs ont démontré un volume plus petit en été et un volume plus gros en automne et en hiver !

 

     La durée de la vie génitale est plus longue que celle de la femelle ; le pouvoir fécondant se maintien constant pendant une période de 5 à 7 ans et même de 10 à 12 ans et même d'avantage lors d'accouplement avec une jeune femelle.

 

     Chez le pigeon l'âge de 20 ans correspond à 90 ans chez l'homme.

b) La vie sexuelle de la femelle

     Chez la femelle, la puberté correspond à la première ponte ovulaire.

     Le déclenchement  de la fonction ovarienne est commandé principalement par la glande antéhypophysiaire.

 

     Lors d'hypophysectomie, on observe chez la jeune femelle un arrêt de la croissance, un ralentissement sur les autres glandes endocrines avec un arrêt de l'appétit sexuel, un arrêt de l'instinct de couvaison, arrêt de la sécrétion du lait de jabot, une diminution du métabolisme, une diminution du catabolisme des des lipides et abaissement de la phosphorémie.

 

     Les hormones naturelles chez la femelle sont :

           - L'hormone de croissance

           - Les gonado-stimulines

           - La prolactine

           - La cortico-stimuline

           - La thyréostimuline

 

     De nombreux facteurs sont susceptibles de modifier l'âge de la maturité sexuelle (première ponte). Parmi ceux-ci, on peut noter les facteurs endogènes de nature héréditaire (race, souche, familles, individus) et des facteurs exogènes (alimentaires, hygiéniques et climatiques).

 

     Les femelles nées de septembre à janvier inclus présentent une maturité plus précoce tandis que celles issues des autres mois de l'année ont une maturité plus tardive.

 

     Dans les conditions les plus favorables, la première ponte a lieu généralement à l"âge de 4 à 5 mois depuis la date de l'éclosion. Si les animaux atteignent l'âge de 4 à 5 mois au cours de l'automne, la maturité sexuelle est retardée et elle est avancée s'ils atteignent cet âge entre février et juillet.

 

     Cette influence peut s'exercer par l'intermédiaire de la thyroïde. Le poids de la glande thyroïde est plus importante en automne et en hiver (diminution de la température) et une diminution progressive durant les mois d'été (augmentation de la température).

 

     Chez le pigeon, la période de reproduction intensive correspond à la période de déclin du volume thyroïdien.

 

     L'accouplement et la reproduction apparaissent à un âge plus précoce chez les jeunes pigeons des 2 sexes (3 1/2 à 4 mois), lorsque ceux-ci vivent au contact des sujets adultes non accouplés. Pour éviter la reproduction à un âge trop précoce, il convient donc de séparer les jeunes sujets des pigeons adultes. dans les conditions habituelles de l'élevage, il n'est pas indiqué de livrer les femelles à la reproduction à l'aube de la vie génitale car l'appareil génital n'a pas encore atteint son développement complet.

     L'alimentation des jeunes femelles à la reproduction devra satisfaire les besoins protidiques et minéraux de la croissance et de la formation de l’œuf.

 

     La durée de la vie génitale est conditionnée par les facteurs génétiques qui doivent faire l'objet d'une grande sélection judicieuse.

Après l'âge de 5 à 6 ans les pontes sont plus espacées, cependant des sujets ont eu une reproduction pendant 10 ans et même d'avantage.

La durée de la vie somatique (15 ans et plus) est plus longue que la vie génitale.

c) Séparation et rapprochement des sexes

     Dans la pratique de l'élevage du pigeon voyageur, les sexes sont généralement séparés, en fin de saison des concours, dans le but de ménager une période de repos favorable à la séparation des pertes subies au cours des voyages, à la constitutions de réserves énergétiques nécessaires pour l'avenir, au développement des jeunes de l'année, à la mue des dernières rémiges, des plumes de couvertures et du duvet.

     On profite avantageusement de cette occasion pour passer la colonie en revue, examiner minutieusement chaque sujet au point de vue de sa conformation, de la situation de la mue, de l'état de santé.

 

     Au début, le régime alimentaire ne sera pas modifié ; ce n'est que plus tard, après trois semaines environs, que l'on pourra y apporter quelques changements reconnus nécessaires pour satisfaire les besoins de la mue ou pour reconstituer l'un ou l'autre sujet particulièrement affaibli.

     C'est la vrai période de repos dont on ne doit pas exclure l'exercice. Au contraire, on permettra, au moins, deux volées quotidienne à chaque groupe. Calme absolu le restant de la journée !

 

     Suivant le jeu que l'on a décidé ou que l'on a coutume d'adopter pour l'année suivante, les sexes restent séparés plus ou moins longtemps. A ce propos, on consultera les indications qui vous serons formulées ultérieurement dans le chapitre - Les plus grands secrets belges du jeu au naturel, au veuvage etc...

 

 

     Une bonne quinzaine de jours avant la réunion des sexes, on fera bien de servir un dessert à base de chanvre et de petites graines - colza, graines de lin - légèrement humectée d'huile de foie de morue. On servira des verdures variées et hachées ou naturelles, une fois par jour, et le condiment minéral, dont nous vous dévoilerons la composition au chapitre de l'alimentation, figurera en permanence au colombier.

 

     Enfin, c'est également pendant cette période de repos que l'on fait un examen microscopique des matières fécales en vue de dépister et de traiter éventuellement un parasitisme quelconque.

     En un mot, tout doit être mis en œuvre pour n'avoir à réunir que des sujets vigoureux, parfaitement sains, bien en chair et un peu en état : c'est le signe qu'ils ont pu constituer certaines réserves nécessaires à une fécondité normale, à une bonne ponte et à la formation d'embryon de grande vitalité et de grande valeur sportive.

 

 

 

    3) Fécondation

     Alors que, chez les volailles, la poule séparée du coq, continue à pondre des œufs non fécondés, chez la pigeonne, l'ovulation est conditionnée par l'accouplement.

 

     En évaluant la durée de l'intervalle entre l'heure de l'isolement du mâle et l'heure de la ponte du premier œuf, que la durée de conservation du pouvoir fécondant des spermatozoïdes restés dans l'oviducte est de 2 semaines ; en sachant ceci, l'isolement de la femelle pendant 2 semaines  entraînera la perte de tous les spermatozoïdes précédents.

     L'âge des spermatozoïdes au moment de la fécondation n'a aucune influence néfaste sur la vitalité du jeune embryon ni une incidence sur la le rapport des sexes.

 

     L'ovulation se produit 40 à 44 heures avant la ponte de l’œuf et la fécondation doit avoir lieu au moins 24 heures avant la ponte. L’œuf peut donc encore être fécondé pendant les 16 à 24 premières heures de son séjour dans l'oviducte. Voir "augmentation du métabolisme"

 

     La pigeonne pond habituellement 2 œufs et exceptionnellement un seul. Le premier est régulièrement pondu vers 16h30 ou 17h00 ; quelques heures après la ponte du premier œuf, vers 20h00, le deuxième œuf est libéré, fécondé et est pondu le deuxième jour dans l'après-midi vers 13h00, 13h30!

     Une rétention anormale de l’œuf de la pigeonne dans l'oviducte est la mort par asphyxie de l'embryon.

Le retard d'expulsion du premier œuf retarde la ponte du deuxième. Il n'y a jamais qu'un seul œuf dans l'oviducte.

 

 

 

    4) La ponte

     a) Le moment de la ponte

 

     L'intervalle moyen qui sépare la ponte des 2 œufs est de 44 heures mais diminue progressivement pendant la période qui va de février à juillet inclus.

Il existe une corrélation positive très significative entre les moments de ponte du 1° et 2° œuf et il est dès lors possible de calculer avec une grande probabilité le moment de ponte du 2° œuf lorsqu'on connaît la ponte du 1° œuf.

     Pendant les journées sombres, le premier œuf est pondu 30 minutes plus tôt que le moment normal et le second œuf 30 minutes plus tard.

 

     La ponte du 2° œuf peut être retardée si le mâle occupe le nid !

 

 

 

 

     b) La ponte difficile

 

     Certaines femelles pondent difficilement ; elles traînent pendant des heures, rarement plusieurs jours, car la situation devient grave sinon mortelle. En quelques heures, on voit les oiseaux changer : l’œil devient terne et humide ; les paupières semblent gonflées : les plumes sont hérissées ; les femelles se tiennent en boule et se cachent ; la respiration devient courte et accélérée ; les chairs du bréchet sont humides et flasques ; les pattes froides lorsque l'issue est fatale.

 

    Les précautions à prendre.

 

     Tenir la femelle au chaud dans un panier garni de paille près d'une source de chaleur, quelques briques chauffées sous la paille et laisser la femelles dans un endroit calme et mi-obscurci. Donner à boire de l'eau mélangée à un rien de café. Ne jamais manipuler l'abdomen pour faire avancer l’œuf !

tout au plus injecter de l'huile d'olive chauffée à 40°. Consulter le vétérinaire.

 

 

     c) La ponte intra-abdominale

 

     Dans ce cas, l’œuf, au lieu de suivre le chemin normal, est tombé dans la cavité abdominale quelque part entre les intestins.

La femelle quitte le nid, l'abdomen devient volumineux et pendant. La seule intervention possible est l'opération chirurgicale.

L'opération n'évite pas toute récidive mais les femelles atteintes sont impropres à la reproduction.

 

    5) L’œuf

     a) Forme, volume, poids, anomalies

 

     L' œuf normal est de forme ovale avec gros et petits bouts (se trouve à l'opposé du gros qui contient la chambre à air). Il est blanc mat, parfois un peu luisant : sa coquille est lisse. Il pèse en moyenne 20 gr, mesure 4 cm de long et 2,5 cm d'épaisseur et son volume est de 16 à 18 cm3. Les premiers œufs des jeunes femelles sont généralement plus petits que des adultes.

 

     Les anomalies

 

     Les œufs hardés ou sans coquilles. Ils sont passés trop vite dans la partie de l'oviducte de la formation de la coquille ou par manque de substances minérales ou d'une mauvaise assimilation, dans ce cas la maladie est incurable.

 

     Les œufs difformes. Le volume : Œuf comme une noisette ou anormalement gros.

                                      L'aspect : Rugueux, sillonné, plissé.

                                      La forme : Allongée, cylindrique, en poire, rond, bosselé.

                                      Le contenu : Œufs de vers, coccidies, microbes...

 

     On signale des œufs doubles, à jaunes multiples ou sans jaune (très rare), ces œufs ne donnent aucun résultat à l'incubation.

     C'est la raison pour laquelle le mirage est recommandé dès la ponte du 2° œuf.

 

 

 

     b) Structure

 

     Du point de vue de la reproduction, les éléments essentiels sont le vitellus ou jaune et le spermatozoïde.

     Le jaune se compose d'une membrane, d'un contenu jaunâtre, disposé en couches concentriques alternativement foncées et claires. La cellule sexuelle apparaît sous forme d'une petite tache claire (disque germinal).

 

     c) Composition chimique

 

     Voici, selon R.J. Block et D. Bolling (The aminioacid composition of proteins and foods. Analytical methods and results. Spriengfield, Illinois USA) la teneur en protides de l'oeuf en aminoacides. Voir tableau.

Acides aminés
Oeuf entier %
Arginine
6, 4
Histidine 2,1
Lysine
7,2
Tyrosine 4,5
Tryptophane
1,5
Phenylalanine 6,3
Cystine 2,4
Méthionine 4,1
Thréonine 4,9
Leucine 9,2
Isoleucine 8
Valine 7,3
Glycine 9,5

    6) L’incubation

a) La couvaison

     Après l'accouplement, la femelle pond habituellement deux œufs. L'incubation du 1° œuf n'est pas continue et n'a rien d'autre que de le maintenir à une température suffisante ; c'est la raison pour laquelle que la ponte du deuxième œuf est plus rapprochée en période de froid. L'incubation commence.

 

     Des œufs de 12 jours après la ponte  sont encore fertiles et donnent naissance à des jeunes normaux. Inutile d'en faire une règle général car se sont les œufs frais qui donnent les meilleurs résultats.

 

     Le mâle et la femelle couvent alternativement, le mâle tenant le nid de de 6 à 7 heures (le plus souvent entre 10 et 14 h), la femelle couvant toute la nuit et le restant de la journée. Le couple arrange le nid et retourne les œufs. L'incubation dure 17 jours en été et 18 jours en hiver. Lorsque les œufs n'éclosent pas, ils sont rarement abandonnés par les parents. En l'absence d'éclosion, la durée moyenne de couvaison est de 23 jours. L'instinct d'incubation dispose d'une marge d'erreur suffisante.

 

     Telles sont les règles générales, mais elles comportent des exceptions, des incidents et des accidents, par exemple : le mâle tient le nid plus longtemps que la femelle, les parents abandonnent le nid.

Un œuf peut refroidir 24h00 sauf en période froide, il n'en est pas de même quand ils se produisent les 6°, 12° et 15° jours, c'est à dire aux périodes qui correspondent à des sortes de poussées dans la croissance de l'embryon : ce qu'on appelle les jours critiques de couvaison.

 

     Les œufs cassés ou fêlés sont généralement perdus. Toutefois, lorsqu'il s'agit de produits de grande valeur et que l'on assiste directement à l'accident, on peut y remédier en soudant la fissure au moyen d'une colle de menuisier ou de papier spécial. La chute d'un œuf est néfaste.

 

     A titre exceptionnel, on a recours à l'incubateur artificiel. La température doit être à 40°, 40,5° et l'état hygroscopique au maximum, les œufs seront retirés le 16° jours et repassés aux couples.

 

b) L'instinct d'incubation

     L'instinct de couvaison chez le pigeon est d'ordre hormonal. L'hormone responsable est la prolactine qui est la première hormone antéhypophysiaire.

C'est une protéine à la chaleur notamment que les autres hormones. Chez les mammifères, la prolactine provoque le déclenchement de la lactation dans la glande mammaire complètement développée et , chez le pigeon, elle agit sur le jabot qui joue un rôle équivalent à celui de la glande mammaire en déterminant la sécrétion du " lait de pigeon ".

 

     Des injections de prolactines faites par des chercheurs ont démontré un puissant instinct de couvaison aux femelles non accouplées. L'hygiène et une alimentation adéquates étaient étroitement liées. Les injections aux mâles  provoquait une augmentation très net du poids des testicules.

c) Modifications de l'oeuf fécondé depuis la ponte jusqu'à éclosion

     Des recherches ont donnés les résultats suivant quand au poids de l’œuf durant la couvaison.

Un œuf fécondé de 22 gr. pèse 18 gr. le jour de l'éclosion ! Un œuf non fécondé perd plus de poids.

d) Influence de l'incubation sur le métabolisme de base

Pages 44 et 45

 

Voir sur la page spéciale  "Les secrets de la colombophilie" en préparation !

e) Variations pondérales du pigeon pendant la reproduction

     Au moment de l'ovulation, la femelle présente une augmentation de poids qui est due à l'hypertrophie de l'oviducte (1000%) sous l'action de l'oestrone.

Au cours de l'incubation, le poids du mâle et de la femelle ont subit une augmentation appréciable qui atteint sa valeur maxima à la fin de l'incubation. A ce moment 1/3 de l'augmentation est due à la diminution des glandes du jabot.

 

     Au début de la période d'alimentation des jeunes, les parents subissent une perte de poids pendant une quinzaine de jours et reviennent à la normale.

    7) L’éclosion

a) Le processus de l'éclosion

     Dans la majorité des cas, l'éclosion du 2° œuf se produit quelques heures seulement après celle du premier et occasionnellement, l'éclosion est simultanée. L'éclosion peut apparaître à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

     La première brèche dans l'écaille se produit habituellement par le gros bout, sous la poussée interne l’œuf se dissocie en deux, la calotte du gros bout ne représente que 1/3 voire 1/4 de l'autre bout. Il s'écoule 24h00 entre la brèche et la naissance, pendant cette période, il n'est pas conseillé de manipuler intempestivement qui peuvent provoquer un écrasement.

 

     L'éclosion peut être retardée et plus laborieuse si la brèche se fait par l'autre extrémité (petit côté).

 

     Après l'éclosion, les parents enlèvent avec le bec les coquilles ; il s'agit du sage précaution car un fragment de coquille peut recouvrir l'autre œuf non éclos et entraîner la mort par asphyxie du jeune.

 

     Dans certain cas on peut aider à libérer le jeune de sa coquille en retirant quelques fragments au-dessus de la tête, sans plus.

b) Le mirage

     C'est une simple opération qui consiste à contrôler la fécondation de l’œuf et, ultérieurement, le développement du jeune embryon.

     Dans l'élevage du pigeon, il faut retenir qu'après le 6° jour, un œuf non fécondé dégage des gaz toxiques capables de vicier l'air, il est néfaste de le laisser dans le nid.

 

     Pour mirer, la manœuvre est simple : dans une pièce obscure, on interpose l’œuf devant une source de lumière. Par transparence, on contrôle le contenu. L'embryon apparait dès les 4° et 5° jours, sous forme d'une petite araignée, sorte de tache plus sombre que le reste et présente des ramifications qui ne sont que des vaisseaux sanguins. L’œuf non fécondé reste clair.

     La petite tache sombre, étoilée qui constitue l'araignée, est mobile lorsque l'embryon est vivant, cette mobilité peut être testée par des petits mouvements d'oscillation. Vers le 15° jour, l’œuf est opaque sauf la chambre à air qui est grande.

c) Influence des vitamines sur le pouvoir fécondant d'éclosion des œufs

     Les vitamines sont indispensables pour assurer le développement complet de l'embryon ou empêcher la mort de celui-ci en coquille et obtenir une croissance normale du pigeonneau !

 

     Vitamine A. Déjà, la simple addition d'huile de foie de morue sur les graines de la ration augmente le pourcentage d'éclosion. Par contre, les pigeons qui n'ont pas reçus les vitamines A nécessaires ou en doses trop faibles, pondent des œufs qui n'éclosent pas même s'ils sont fécondés. Ce minimum de vitamine A doit être assuré dans l'alimentation bien avant les accouplements.

 

 

     Vitamine D. La vitamine D  joue un rôle différent de celui de la vitamine A : elle assure le pouvoir d'éclosion. Il ne suffit pas que l’œuf soit fécondé mais qu'elle procure la force nécessaire aux pigeonneau de briser la coquille et naître à terme. Cette vitamine, au même titre que les substances minérales, est tellement importante que les pigeons qui n'en reçoivent pas pondent des œufs qui n'éclosent pas. Par ailleurs les rayons X et les produits irradiés ne sont pas aussi favorables au pouvoir d'éclosion que la simple huile de foie de morue.

 

La déficience en vitamine D exerce une influence plus défavorable sur la fertilité des œufs et le pouvoir d'éclosion que le manque de calcium.

 

Des chercheurs ont démontré que la vitamine D et ses équivalents, huile de foie de morue combinées avec...donnaient au pigeonneau une vitalité encore plus...(page 49) Voir sur la page spéciale  "Les secrets de la colombophilie" en préparation !

    8) Troubles de la fécondité

a) Troubles de l'ovogenèse

     Des anomalies congénitales ou innées des glandes de reproduction internes (ovaire, oviducte, thyroïde...) peuvent entraîner la cessation de toute activité ovarienne ou de production d’œufs inféconds ou mort d'embryon.

     Les cas de stérilité rapportés à des causes génétiques et une connaissance approfondie bénéficieront au colombophile par une sélection continue et judicieuse des sujets porteurs d'une grande fertilité et élimineront progressivement les sujets porteurs de faible productivité.

 

     La reconnaissance de la stérilité d'un sujet peut facilement être décelée par l'accouplement avec 3 sujets de sexe opposé : si au cours de ces 3 accouplements la production d’œufs inféconds, est la preuve irréfutable  de la stérilité.

 

     Les troubles ovariens, endocriniens, tumoraux, infectieux, toxiques, mauvaises conditions hygiéniques empêchent la fécondité.

     L'infertilité est fréquente dans les pontes trop rapprochées.

 

     Parmi les facteurs alimentaires qui jouent un rôle majeur sur les phénomènes de la reproduction, notamment les carences partielles ou totales. La sous alimentation détermine une diminution ou une suspension de l'activité sexuelle. Il existe une corrélation entre la ponte et la glycémie, les baisses de glycémie ont tendance à supprimer la ponte. La suralimentation est aussi préjudiciable.

 

     Le manque de vitamine B entraîne une atrophie des glandes génitales (ovaire et testicules) : l'addition de levure s'est révélée d'une réelle efficacité.

b) Troubles de la spermatogenèse

c) Troubles de la fécondation

     Les difficultés coïtales, telles que la présence autour du cloaque de plumes agglomérées par les excréments, la surpopulation du pigeonnier et surtout l'existence d'un nombre anormalement élevé de sujets non accouplés (mâles ou femelles) augmentent le pourcentage d’œufs non fécondés.

d) Troubles du développement embryonnaire

     La mort de l'embryon en coquille qui correspond à l'avortement chez les mammifères peut intervenir à tous les stades du développement depuis la fécondation jusqu'au moment de l'éclosion. Il existe 2 stades de mortalité élevée : le premier se situe entre le 1° et le 4° jour (avec un taux le plus élevé le 2° et 3°) et le deuxième au cours des derniers jours d'incubation. Les causes de mortalités sont nombreuses et variées ; héréditaires, physiologiques et pathologiques.

 

     Lorsque le rythme de ponte est anormalement élevé, la mortalité en coquille se produit à des stades de plus en plus précoces. La minceur des coquilles est généralement plus fréquente dans les 2° œufs de la ponte.

 

     Les embryons issus de parents malades, séniles, débiles, soumis des déficiences nutritionnelles ou présentent entre eux un degré de consanguinité trop rapprochée, se trouvant dans l'incapacité de briser la coquille trop résistante et meurent avant l'éclosion.

 

     L'humidification des œufs peut faciliter l'éclosion du pigeonneau.

    9) Distribution des sexes dans les pontes

     La distribution des sexes dans les pontes de pigeons a fait couler beaucoup d'encre en raison des divergences de vue de la question. A ce sujet, une tradition très ancienne remontant à Aristote veut que les 2 œufs fournissent ordinairement l'un un mâle, l'autre une femelle ; C'est l'opinion courante des éleveurs. Darwin et ses collaborateurs l'acceptent comme démontrée ! D'autres auteurs ont fréquemment signalé des couvées qui comprenaient 2 petits de même sexe.

 

     Dans ces conditions, il n'y a aucune loi de la distribution des sexes dans les pontes de pigeons, pas plus que dans les familles humaines et il faut abandonner l'idée de la bisexualité des pontes, tout comme le préjugé du 1° œuf donne naissance à un mâle, il y a autant de chance pour l'un ou pour l'autre.

 

     Schématiquement les rapports sont 50% de mâles et femelles

                                                              25% de 2 mâles

                                                              25% de 2 femelles.

 

     Les lois de distribution des sexes dans la ponte est livrée aux lois du hasard.

 

     Chez les pigeonneaux, le taux de mortalité est très élevée au cours 2 à 3 premiers jours qui suivent l'éclosion et également à l'âge de 10 à 15 jours.

Dans les pontes bisexuées, le plus gros est généralement le mâle.

 

     A l'âge de 6 mois, le taux de mortalité est plus élevée chez la femelle que chez le mâle car les femelles sont plus sensibles en manque de vitamine A et à la paratyphose (surtout entre 6 et 12 semaines)

    10) Le sexage

     Dans les races utilitaires de pigeon, on peut recourir à certains croisements qui permettent, grâce aux caractères sex-linked, de reconnaître, à la naissance, le sexe des produits.

     La reconnaissance du sexe chez les pigeonneaux d'une dizaine de jour s'est toujours révélée une opération très délicate et aléatoire.

     Le moment idéal pour l'examen de l'ouverture du cloaque se situe vers 4 à 5 jours après l'éclosion.

 

     A l'examen de profil, on constatera chez le mâle, que le bord supérieur de la lèvre cloacale forme une saillie plus accentuée, recouvrant même le bord de la lèvre inférieure, tandis que chez la femelle, c'est le bord de la lèvre inférieure qui est plus accentuée que la lèvre supérieure.

     A l'examen de face, l'ouverture cloacale du mâle présente une lèvre supérieure concave et une lèvre inférieure convexe et le contraire chez la femelle.

Ce qui est évident pour la copulation. C'est la seule manière infaillible et certaine de reconnaître le sexe chez les oiseaux.

 

     On peut également se fier aux caractères sexuels secondaires mais avec un pourcentage d'erreur. Chez le mâle la tête est généralement plus forte, plus osseuse et plus grossière que chez la femelle : il en est de même pour les tarses (pattes). Ces différences sexuelles sont peu visibles avant l'âge de 10 semaines.

     Chez le pigeon adulte, le roucoulement, la fière allure permettent de reconnaître le sexe avec beaucoup de certitude. Comme caractères sexuels secondaires, on peut observer, chez les pigeons adultes, une boîte crânienne plus arrondie chez le mâle et une plus plate chez la femelle.

Chez le mâle, l’œil est plus vif et le regard plus pénétrant, le front plus large, les narines plus développées et le bec plus fort et plus volumineux ; les jambes sont généralement plus hautes et plus grosses ; l'ossature un peu plus forte et les muscles plus épais, plus denses et massives.

Le mâle a une allure plus redressée, plus droite et plus fière, le plumage du cou, des épaules et de la poitrine présente un reflet métallique.

L'instinct batailleur et coups de bec sont plus marqués chez le mâle.

 

    11) Le lait de pigeon ou sécrétion lactée du jabot

     Alors que les poussins sont aptes, dès leur naissance, à satisfaire leurs besoins alimentaires, le pigeonneau reste, pendant un certain temps, tributaire de ses parents qui lui fournissent un liquide crémeux secrété par les muqueuses du jabot. Ce produit ressemblant à du lait caillé porte le nom de lait de pigeon. Dès les premières semaines de leur vie, la nourriture des pigeonneaux est constituée d'une bouillie nutritive, une sécrétion caséiforme régurgitée par les parents, mâle et femelle. Dès les premiers repas, le jabot du jeune prend une extraordinaire dimension et est presque équivalent à celui du corps.

A la fin de la première semaine, en raison d'une diminution de la quantité et de la valeur nutritive, les parents donnent un surplus de graines digérées et quelques graines ramollies.

 

     A partir du 8° jour de couvaison, le jabot des parents s'hyperplasie et, vers le 12°jour, la paroi du jabot est fortement vascularisée et épaisse.

 

     Lorsque l'on désire enlever les œufs aux parents pour les confier à un autre ou pour une mise en forme pour le jeu, il est préférable de retirer les œufs avant le déclenchement des modifications du jabot (6 jours maximum).

 

     La durée de la sécrétion lactée après l'éclosion varie considérablement d'une famille à l'autre ; chez certain sujet la sécrétion se termine vers le 6° ou 7° jour, chez d'autres le, vers le 10° jour.

 

     Lors d'éclosion des œufs échangés avant le 17° jour ou 18° jour d'incubation, la bouillie nutritive administrées aux jeunes est de faible valeur alimentaire, il est donc recommandé d'échanger des œufs du même âge.

 

      Pendant la période ou les pigeonneaux se nourrissent de la sécrétion lactée du jabot, leur croissance est très rapide par rapport à tous les animaux du même âge. Le pigeonneau nouvellement éclos double son poids en 48h00.

Désignation
de
l'espèce
Temps que met
le nouveau-né
pour doubler
son poids
Mille parties de lait contiennent en grammes
Protides Cendres Chaux Acide
phophorique

Femme
160 jours
16 2 0, 33
0,747
Jument 60 "
30 4 1, 24
1,31
Vache
47 "
35 7 1,60 1,97
Chèvre 22 " 37 8 1,97 2,84
Brebis
15 "
49 8 2,45 2,93
Tuie 14 "
52 8 2,49 3,08
Chatte 9,5 "
70 10
Chienne 9 "
74 12 4,55 5,08
Lapine 6 "
104 23 8,91 9.97
Eléments de biochimie médicale. Paris. Masson. 1941. p.531

     Pour expliquer le comportement différentiel du pigeonneau et du poussin, des chercheurs ont conclus que :

Les pigeonneaux issus de parents soumis exclusivement de maïs, de substances minérales et d'eau présentaient une croissance normale, tandis que les poussins recevant la même alimentation n'avaient qu'une survie de courte durée.

Donc, les parents des pigeonneaux fournissaient des principes alimentaires nutritifs supplémentaires qui faisaient défaut dans le régime des poussins.

 

Pour pousser leurs recherches, les biologistes ont disséqué et analysé plusieurs lait de jabot sec des pigeonneaux soignés au maïs jaune et sont arrivés aux résultats suivant :

 

 

          Extrait sec         20 à 30 %

         Protides            14 à 16 %

          Graisse             30 à 69 %

          Cendre              5 à 6 %

         Glucides            0 %

          P2 O5               2 à 3 %

          Ca O                 1 à 2 %

 

     D'après leurs résultats, on voit que les principaux constituants du lait de pigeon sont les protides et les graisses, aucun glucide n'a été détecté !

 

     D'autres chercheurs ont émis l'hypothèse que, chez le pigeon au même titre que les mammifères, la croissance rapide était due à l'alimentation appropriée fournie par les parents. Dans le but de vérifier cette hypothèse, les auteurs ont ont procédé à la détermination de la composition chimique, notamment de la teneur en protéines, graisses et hydrates de carbone (sucre), cendres et eau. Les recherches ont été faites avec le lait de lapine.

 

Sécrétion du jabot du pigeon
Lait de lapine selon König
Substance
fraîche en %
Substance
sèche en %
Substance
fraîche en %
Substance
sèche en %
Eau 76,75 0 69,50 0
Protéines 13,34 57,41 15,54 50,95
Graisses 7,95 34,19 10,45 34,26
Cendres 1,52 6,51 2,96 8,39
Hydrate de
carbone
0 0 1,95 6,39

     Il convient de noter la teneur particulièrement élevée en protéines et en graisses du lait de pigeon. cette composition est très voisine de celle du lait de lapine. Or le lapin est le mammifère qui grandi le plus rapidement et dont le lait contient beaucoup de protéines et de graisses.

 

     Accroissement de 100% du pigeon en 48h00 et accroissement de 100% du lapin en 6 jours.

 

     La rapidité de croissance durant les semaines de leur vie est essentiellement fonction de la composition de l'aliment utilisé pendant cette période. Le lait de pigeon produit par les parents recevant une ration standard composée de froment, maïs jaune, sorgho, chanvre et grit , ce lait fournissait 190 calories pour 100 gr.

 

     Des chercheurs ont mis en évidence le développement de la glande du jabot du pigeon et les glandes génitales.

Le développement de la glande du jabot chez le mâle et la femelle s'opère pendant l'incubation. Chez le mâle, dès le début de l'incubation, le testicule subit une réduction de taille considérable (2/3 en longueur et 9/10 en volume). Les testicules ont la même taille en hiver mais il n'y a aucune corrélation entre les deux.

 

     6 jours après l'éclosion les testicules reprennent leur taille normale. Au milieu de la couvaison, la femelle semblerait être en bonne condition.

 

     L'instinct de couvaison est déclenché par l'accouplement et l'incubation stimulerait la sécrétion d'une hormone qui fournit le lait de pigeon.

III. De la naissance à la première mue

    1) Généralités sur la croissance

     Les jeunes animaux, l'embryon y compris, ne grandissent pas en bloc, de tous côtés à la fois et en même temps. Au contraire, les organes et les régions se développent l'un après l'autre suivant un rythme bien défini et à des moments bien précis de la vie.

 

     Si nous prenons un exemple dans les grandes volailles, nous voyons que dès :

le 2° jour de l'incubation, le cœur est en voie de formation ainsi que les globules du sang.

Le 3° jour, cœur et vaisseaux sont constitués ainsi que des éléments du poumon.

Le 4° jour, la tête, le bec, les yeux et les membres sont perceptibles.

Le 6° jour, les organes génitaux apparaissent.

Le 7° jour, l'appareil digestif se forme.

Le 10° jour, le cœur et le foie fonctionnent.

Le 11° jour, les yeux sont formés et les membres articulés.

Le 20° jour, le poussin le poussin pépie et brise la coquille.

le 21° jour, la respiration pulmonaire commence ; le poussin sort.

 

     Ce qui vient de se passer durant l'incubation continue dans la suite en ce sens que les organes et les régions s'accroissent à tour de rôle les uns après les autres, tantôt en longueur, tantôt en largeur ou en épaisseur. Il en est de même pour tous les êtres vivants.

 

     Il résulte nécessairement de ces constatations qu'il existe des besoins alimentaires variables d'un moment à l'autre puisque les organes n'ont pas la même composition chimique.

 

     D'autre part, les animaux mangent ce que l'on leur donne. Il importe que la ration alimentaire soit adaptée aux diverses périodes de l'existence, sous peine de voir les animaux difformes, décousus, trop grand d'un côté, trop étroit ou trop large de l'autre.

Que la ration soit déficiente en certains points, alors les animaux ne se développent pas.

 

     Il en serait de même si les conditions hygiéniques venaient à changer. Elles ont, sur la croissance, la même influence que l'alimentation.

 

    C'est la raison pour laquelle, on peut dire qu'après les facteurs héréditaires, l'hygiène et l'alimentation forment les individus et les races.

    2) Croissance jusqu'au sevrage

     Nous avons dit que les jeunes animaux ne se développaient pas en bloc et nous aurions pu ajouter convenait, en conséquence, de s'assurer du développement régulier de chaque région au moment où était sous l'effet d'une poussée ou d'un ralentissement, afin de pouvoir en temps voulu, éviter les inconvénients d'une ou l'autre alternative.

C'est ainsi que chez l'homme, on voit des jeunes gens subir une poussée de croissance excessive par rapport à leur âge , à leur grosseur et à leur poids. Ce seront là, si on y remédie pas, des sujets grands, effilés, minces... Dans ces cas on ne peut incriminer l'hygiène et l'alimentation, mais des troubles hormonaux, mais encore une fois, on pourrait les éviter en surveillant la croissance de près.

 

     Quoi qu'il en soit de la nécessité de surveillance de la croissance des jeunes dans leurs différentes régions du corps,  il n'est pas ou est difficilement réalisable, chez le pigeon, alors que chez les chevaux de course, les membres peuvent être mesurés dans tous les sens, ce qui donnent d'excellents résultats chez les éleveurs qui suivent cette méthode.

 

     Pour le pigeon, on a plutôt recours à la pesée qu'à la mensuration des membres (quoique le métabolisme de base peut être calculé, ce qui fera toute la différence des grandes colonies renommées.). La pesée a son désavantage de donner des renseignements en bloc mais, qui offre l'avantage d'être à la portée de tous et de donner une idée globale et précieuse de la régularité de l'accroissement du poids, lequel, répétons-le, n'est pas une preuve sur l'uniformité de la croissance.

 

     Cependant, le colombiculteur aura la possibilité d'éliminer tout sujet, présentant des défauts de croissance, de son cheptel.

 

     Remarquons que si la courbe A est régulière, la croissance aurait pu s'avérer plus rapide. Ceci nous indique clairement que, dans ce cas, la ration alimentaire était complète au point de vue de ses constituants mais insuffisante au point de vue de la quantité.

 

     La courbe B est encore plus significative, on y voit nettement qu'il y a eu déficience alimentaire avec retard de croissance pendant une semaine.

 

     De ces considérations, l'on peut conclure que les pesées fournissent de précieux renseignements quant à la situation momentanée et quant à la venir sportif des pigeons.

Alimentation du pigeonneau au nid

    Elle est réalisée par les parents, aussi bien le mâle que la femelle. De même que tous les deux ont pris part à l'incubation, ainsi interviennent-ils de concert dans l'alimentation.

     C'est par un phénomène d'ordre hormonal que les artères ou, plutôt, les branches superficielles de la volumineuse artère thoracique, se sont développées sous la peau du ventre et du bréchet pour former le réseau admirable de l'incubation  permettant, par un apport plus important de sang à cet endroit, d'y maintenir une chaleur propice à l'incubation.

     C'est par un phénomène de même ordre que les vaisseaux du jabot prennent tout à coup de l'extension à l'approche de l'éclosion.

 

     En effet, le pigeon mâle autant que la femelle, nourrit sa progéniture au moyen d'une bouillie laiteuse contenant, 13 à 15% de protides et 25 à 30% de graisse, sécrétée par les glandes spéciales du jabot. Tout comme chez les mammifères, ces glandes tarissent en dehors de l'élevage mais se développent considérablement au moment de l'éclosion, chez le pigeon, et sécrètent une nourriture riche et abondante qui correspond au lait colostral ou premier lait des femelles mammifères.

     Cette bouillie est indispensable au pigeonneau, tout d'abord parce qu'elle est riche en éléments nutritifs sous un petit volume ; en second lieu parce que sa consistance permet une régurgitation facile par les parents et une préhension très aisée par le pigeonneau. Au début, et pendant quelques jours seulement, ce lait de pigeon constitue le seul aliment des nouveau-nés : il est complet et suffisant ; d'ailleurs, le pigeonneau qui vient de naître n'en reçoit pas ou très peu les deux premiers jours  ; il a quelques réserves et la chaleur lui suffit. dans la suite, les parents régurgitent ce lait et le donnent aux jeunes en mélange avec de petites graines.

     Etant donné ce que nous avons dit des besoins des pigeonneaux, il devient évident que le régime alimentaire ordinaire des adultes ne convient pas aux parents qui élèvent . En voici la preuve :

     Des chercheurs ont comparé la croissance des pigeonneaux soumis à un régime alimentaire normal avec celle relevée chez des sujets recevant une seule espèce de grains et des substances minérales.  Le croît alimentaire est exprimé dans le tableu suivant :

Aliment 1° sem.
gr.
2° sem.
gr.
3° sem.
gr.
4° sem.
gr
5° sem.
gr.
Chanvre 80 194 210 240 350
Sorgho 78 154 178 220 280
Maïs 48
96 140 195 180
Froment 74 186 220 280 310
Soja 80 164 210 225 290
Avoine décortiquée
70 168 320 355 380

    Le rythme de croissance des pigeonneaux recevant une seule espèce de grains et des substances minérales était inférieur à celui des sujets soumis à un régime normale ;  cependant, même avec le régime simplifié, l'accroissement pondéral des jeunes était constant aussi longtemps que les parents assuraient leur alimentation, c'est à dire pendant 1 1/2 mois à 2 mois. Après le sevrage, le gain pondéral des jeunes recevant du maïs et des substances minérales était très faible ; ce résultat témoignait de la supériorité nutritive de l'alimentation parentale. Le  chanvre s'est révélé un aliment  bien équilibré car les pigeonneaux recevant du chanvre, en plus de la ration normale, durant la 1° et 2° semaine de naissance leur était bénéfique pour leur croissance. L'ajout d'avoine décortiquée donnait d'excellents résultats pendant les 3°, 4° et 5° semaines.

 

     Les deux jeunes sont loin de recevoir toujours la même quantité de nourriture ; aussi n'est-il pas rare de constater que l'un a un poids double de l'autre à la fin de la 3° ou 4° semaine.  Les résultats de ces auteurs plaident en faveur d'une incapacité synthétique du jabot du pigeon en certains acides aminés pourtant indispensables à l'entretient et à la croissance.

    3) Le sevrage

    Le sevrage consiste à placer les pigeonneaux dans l'état de devoir s'alimenter seuls, sans le concours de leurs parents. Il a lieu plus ou moins tôt suivant la précocité des sujets. Les parents par instinct, les y poussent d'ailleurs progressivement en les laissant, comme on dit, sur une pointe de faim, quelques fois même en les rudoyant. C'est pourquoi les pigeonneaux cherchent d'eux-mêmes à prendre quelques graines égarées dans le nid ou sur le plancher. Au début, ils sont assez maladroits ; Ils suivent partout leurs parents avec des battements d'ailes caractéristiques et en poussant leur cri spécial bien connu. Souvent, ils poursuivent une graine sans parvenir à la saisir convenablement. Ils la roulent dans tous les sens. C'est par cette manœuvre que la graine se salit et s'enduit de poussière, de parasites et de microbes. C'est le point de départ des infections microbiennes et des infestations parasitaires.

     Pour remédier à cette situation et puisque à cet âge, le pigeonneau a encore le bec tellement tendre qu'il se blesse, parfois, on place un récipient contenant des graines ramollies un moment dans l'eau et soigneusement séchées. Le pigeonneau les trouvera bientôt.

     Lorsque l'abandon par les parents est trop précoce, on nourrit le pigeonneau à la main en lui donnant, dans le bec que l'on ouvre délicatement, un nombre progressivement croissant de féveroles macérées pendant 6 à 12 heures.

 

     Il existe plusieurs méthodes de sevrage et notamment, la plus simple, celle qui consiste à laisser les pigeonneaux en compagnies de leurs parents, au colombier. Dans ce cas, ce sont les parents qui se chargent de sevrer les jeunes. C'est instinctivement qu'il le font. Ils délaissent leurs jeunes progressivement de telle sorte que les pigeonneaux se trouvent obligés de chercher eux-mêmes une partie de leur nourriture. Poussés par la faim ou entraînés par leurs parents, ils se lèvent, sortent du nid et de la nichette dès qu'ils se sentent capables de voler. C'est alors qu'ils se mêlent aux autres pigeons du colombier, qui les bousculent, les repoussent et les chassent, essayant de prendre, de-ci de-là, une graine égarée.

     S'ils ne reçoivent plus grand chose de leurs parents, ils se nourrissent mal et maigrissent généralement un peu. C'est une période critique pour eux ; il convient de les surveiller et de s'assurer, quand le repas est terminé, qu'ils ont au moins quelques chose dans le jabot. Dans la négative et si les parents ne s'en occupent plus, on les nourrit à la main : c'est l'affaire de quelques jours ; ils surmonteront bientôt la situation et resteront au colombier mélangés aux autres.

 

     C'est ici que prend place une autre méthode, la meilleure, qui consiste à écarter les pigeonneaux dès qu'ils sortent du nid et prennent quelque nourriture. On les place alors dans un colombier spécial où ils sont seuls avec leurs semblables, jeunes aussi.

     Si l'on a eu soin de prendre quelques précautions élémentaires et d'aménager le colombier des jeunes pour écarter les plus grands risques de contamination. De plus, n'ayant que des jeunes sous la main au moment de la distribution des repas et du nettoyage, l'éleveur surveille plus aisément ses élèves et intervient au besoin. Il les manipule plus facilement, inspecte l'intérieur du bec et surveille l'état du plumage. Il commence ainsi une partie du dressage en leur apprenant, surtout s'il leur donne alors une friandise ou un léger complément de nourriture, à se laisser prendre sans crainte, sans s'effaroucher, à devenir familier au point d'aller eux-mêmes visiter les mains et les poches de leur propriétaire.

     C'est là qu'il faut en venir : connaître tous ses pigeons et se faire aimer d'eux. Voici la toute première grande règle de réussite !

    4) Soins à donner aux pigeonneaux sevrés

     Les soins à donner aux pigeonneaux sevrés ont une grande importance du fait que c'est souvent à partir de ce moment que l'on fait de bons ou de mauvais pigeons, des pigeons sains ou des pigeons malades, des pigeons qui se perdent au toit ou des sujets qui reviennent.

     Examinons ce qu'il importe de surveiller en ordre essentiel :

a) Etat d'embonpoint des pigeonneaux sevrés.

    Les pigeonneaux sevrés doivent être et se maintenir en excellent état d'embonpoint : c'est le premier signe de la santé. Dans ce cas, ils sont vifs, alertes, gais, actifs, bien plantés ; ils volent aisément et volontiers, atterrissant légèrement et sans bruit et non comme une masse sans élasticité. Les chairs du bréchet sont fermes et durs, de teinte franchement rouge ; les os des épaules et de la fourche sont encore flexibles mais montrent déjà une certaine résistance à la pression. Les plumes sont belles, luisantes, larges, régulières, bien poudrées et non usées ; la peau est onctueuse et non couverte de pellicules ; elle est en même temps lisse et transparente. On consulte la peau du bréchet au niveau des muscles de la poitrine ; là, il y a ce que l'on désigne sous le nom d'aptéries, c'est à dire des espaces sans plumes; de part et d'autre du bréchet. On découvre facilement la peau de cette région en tenant le pigeon sur le dos d'une main, tandis que de l'autre, à l'aide du pouce et de l'index, on écarte les plumes en procédant d'avant en arrière. On y arrive également par un léger souffle dirigé, celui-ci, d'arrière en avant. Les yeux sont vifs et clairs ; les morilles sont déjà un peu poudrée ; l'intérieur du bec est rose-rouge sans reflet grisâtre ; la fente palatine est largement ouverte et l'oiseau respire sans bruit !

     Les pigeonneaux maigrelets ou franchement maigres sont généralement malades. Ils sont plutôt tristes et nonchalants, ne volent guère, se tiennent immobiles, roulés en boule et frileux. Le vol est lourd. Les chairs du bréchet sont flasques, ternes et grisâtres. La peau de la région est moite ; les os de la fourche et des épaules sont flexibles à l'excès ; le ventre est mou et pendant. Les plumes sont ternes, rugueuses, irrégulières et leur hampe présente des stries transversales plus ou moins nombreuses et en relief. L’œil terne, souvent pâle, peu coloré est humide et peu expressif. Des morilles humides, molles et grises, une fente palatine fermée et entourée d'un liseré grisâtre terminent le tableau de cet oiseau malade !

b) Soins de propreté.

Propreté du corps et des plumes

    L'état maladif peut également reconnaître comme cause le manque de propreté du corps et des plumes. Dans ce cas, la peau est généralement sale et couverte de pellicules ; ces derniers sont un indice de trouble digestif, mais on le rencontre aussi dans le parasitisme cutané, les gales, etc. Une mention spéciale spéciale doit être faite pour les Argas ou Tiques car s'il est facilement aisé de le dépister par un examen microscopique du produit du raclage de la peau, il est loin d'en être de même pour les Tiques qui, ainsi qu'on le sait, attaquent les pigeons de la nuit, pour se réfugier, le jour, dans les moindres anfractuosités du colombier sans laisser la moindre pièce à conviction sur leurs victimes si ce n'est des traces de morsure. C'est donc la nuit qu'il faut examiner les pigeons pour découvrir ces parasites ; on en trouvera d'ailleurs sous et dans les plateaux, voire le long des parois du nid.

 

     Les parasites des plumes sont aussi nombreux que variés, ils s'attaquent soit aux barbules qu'ils rongent, à l'instar des mites, en laissant un trou comme percé, soit à la hampe à l'endroit de son implantation dans la peau. Ils s'accumulent à cet endroit, enlaçant la plume, et y constituant un agglomérant blanchâtre qui s'effrite comme de la chaux , c'est la gale déplumante.

     Pour pouvoir remédier à ces divers états, il faut en préciser la cause, c'est à dire poser un diagnostic : ceci est du ressort du Docteur en médecine vétérinaire.

 

     Préventivement, cependant, l'on a recours au bain hebdomadaire. A cet effet, on dispose, dans le colombier, un bac en tôle galvanisée profond d'environ de 10 cm, rempli d'eau aux 3/4. L'eau est légèrement tiédie en hiver ; elle contient toujours un antiseptique faible.

 

     Pour 5 litres d'eau : 45 grammes de sel de cuisine

                                      5 grammes d'essence de pin.

Propreté du colombier

     Tous les colombiers doivent être tenus dans un état de propreté rigoureuse, plus particulièrement ceux des jeunes parce qu'ils sont, plus que les adultes, sujets à contracter diverses maladies : vers, coccidiose, diphtérie, etc. C'est  pourquoi le nettoyage est de rigueur tous les jours, là ou l'on a pas pris soin d'organiser l'élevage sur treillis (voir : le colombier).

     Les grains et graines seront toujours distribuées dans les bacs spéciaux que l'on peut laver et enlever après chaque repas. L'eau de boisson sera renouvelée tous les jours et additionnée d'un léger antiseptique ( voir les grands secrets de la colombophilie) soit 1 gramme pour 10 litres d'eau.

Désinfection du colombier

    Il existe plusieurs bonnes méthodes de désinfection des locaux.

     La plus efficace, la plus simple, la plus rapide, la moins dangereuse et la moins onéreuse consiste à pulvériser, au moyen d'un pulvérisateur, du lait de chaux ou du lait de ciment  sur toutes les surfaces intérieures du colombier. Toutes les surfaces, c'est à dire tout ce qui est apparent, nids, plateaux, cloisons, portes, fenêtres (la boiserie), trappe d'entrée, plancher, plafond, etc. On pulvérise en couche très mince, autant que possible par beau temps quand les pigeons sont sortis : Ils ne rentrent que lorsque la mince couche est sèche.

     Par cette méthode tous les germes et tous les parasites sont emprisonnés sous la mince couche de chaux et meurent en bref instant.

     L'opération est renouvelée une fois par mois, en ayant soin d'insister pour faire pénétrer le liquide dans les moindre anfractuosités, crevasses et interstices divers. en cas de maladies contagieuses, elle peut être renouvelée tous les 8 jours d'autant plus que les produits utilisés ne dégagent aucune odeur susceptible d'incommoder les pigeons.

 

     A peu près tous les ans et plus souvent, le cas échéant, on procède à un raclage convenable, suivi d'un brossage énergique afin de détacher les plâtras éventuellement décollés, toutes les issues soigneusement calfeutrées. On évite, ainsi, l'envol des poussières vers le dehors et l'on favorise leur chute au sol. On attend 1 heure avant de passer à la pulvérisation.

c) Examen journalier des fientes

    Nous ne savons pas s'il existe encore, à l'heure actuelle, beaucoup d'amateurs qui ne jettent pas régulièrement un coup d’œil sur les fientes chaque fois qu'ils entrent dans le colombier ; en tout cas, aucun bon amateur qui se prive de ce renseignement précieux pour laisser à son soigneur, par exemple, le soin de le recueillir. Et ils ont raison ; pas de fientes normales, pas de pigeons sains, pas de prix ; et pour cause, elles sont le miroir de l'intestin. or, les troubles intestinaux sont incompatibles  avec la croissance et la mue normale, avec le bon entraînement, avec la vraie forme, avec le bon élevage.

     Les jeunes qui se perdent au toit ou en voyage sont, pour la plupart, atteints de troubles digestifs, souvent de nature parasitaire. Il en est de même pour ceux qui muent lentement et irrégulièrement en marquant des coups d'arrêt plus ou moins prolongés. Les fientes liquides, molles et glaireuses sont les plus à redouter, alors que les fientes normales sont fermes, bien moulées, compactes et couvertes d'un enduit " crayeux " (urates) caractéristique.

     Quelles qu'elles soient, il faut les éliminer journellement du colombier parce qu'elles peuvent héberger en toutes saisons des germes de maladie, des œufs de vers intestinaux ou des coccidies et autres parasites qui, tous, peuvent se transmettre d'un pigeon à l'autre par l'intermédiaire des poussières, des aliments et l'eau de boisson, soit directement des parents aux jeunes. Cette contamination s"effectue, d'ailleurs au même titre, dans les paniers à l'occasion des enlogements en vue des concours. Laisser les fientes en place, c'est aussi attirer les insectes, mouches, moustiques, etc. Il est bien connu, aujourd'hui, qu'une forme de diphtérie (les poquettes) se propage au niveau des blessures provoquées par les coups de bec mais aussi, et surtout chez les pigeonneaux, par les piqûres de moustiques infectés.

    5) La mue

a) Structure des plumes

    Pour saisir exactement la portée d'une bonne mue et comprendre les conditions dans lesquelles elle peut se réaliser, il est utile de connaître certains détails anatomiques de la plume.

     Une plume se compose essentiellement des parties suivantes : la hampe ou rachis et la lame. La hampe comprend elle-même deux parties, une partie creuse ou tube et une partie pleine ou tige. Le tube est la partie dure et cylindrique qui est implantée, au niveau de la peau, dans le follicule plumifère. Il est percé de 2 orifices ou ombilics : l'ombilic inférieur se trouve à l'extrémité libre et c'est par là que pénètre la papille vasculaire qui se dessèche dans la suite pour constituer l'âme de la plume. L'autre orifice se trouve percé à la limite du tube et de la tige : c'est l'ombilic supérieur. Rarement, chez le pigeon, on trouve une petite plume accessoire qui part de l'ombilic supérieur : c'est l' hyporachis. L'ensemble constitue ce que l'on pourrait appeler une plume fourchue.

     La tige est pleine et va en s'amincissant jusqu'à son extrémité ; sa face supérieure est arrondie et lisse tandis que sa face inférieure présente un léger sillon. La lame est composée de l'ensemble des barbes. Les barbes sont implantées obliquement de chaque côté de la lame et sont rattachées l'une à l'autre par des barbules qui peuvent même être garnies d'appendices variés, le plus souvent  en crochets que l'on nomme barbicelles.

 

 

     On peut distinguer 3 sortes de plumes :

 

     1° Celles qui constituent le plumage apparent dont les unes, longues et rigides sont les pennes et les autre plus courtes et flexibles sont les tectrices.

     2° Le duvet.

     3° Les filoplumes.

 

     1° Parmi les pennes, on distingue les grandes plumes des ailes ou rémiges, les plumes de la queue, les rectrices et les plumes de recouvrement, les tectrices.

     Les rémiges sont au nombre de 20 à 25 chez le pigeon. On les distingue comme suit : 10 ou 11 (rarement 12) grandes rémiges dont 5 ou 6 en forme de couteaux, 3 plus petites et 2 plus arrondies ; leur ensemble constitue ce qu'il est convenu d'appeler l'aile proprement dite. A la base des 4 premières, on trouve 4 petites plumes insérées sur le pousse ; elles forment l'aile bâtarde qui n'entre en jeu que lorsque le pigeon veut se poser.

     Enfin, à la suite des 10 premières rémiges, vient une série de 10 plumes qui se ressemblent à peu près toutes, mais dont la nervure est légèrement inclinée en sens opposé à la nervure des 10 premières. Elles sont arrondies et terminées par un crochet d'autant plus accentué que la plume est rapprochée du corps d'où une meilleure qualité de vol. Leur ensemble est désigné sous le nom d'arrière-aile.

     On la met en évidence en tenant le pigeon en main, la tête vers soi, et en dépliant l'aile légèrement sans forcer. Dans cette position, l'aile se divise d'elle-même en deux parties nettement différenciées par la direction des hampes des plumes.

     Les rectrices sont au nombre de 12 chez le pigeon : elles sont plus larges, rectilignes et régulièrement arrondies à leur extrémité. Elles sont protégées à leur base par des sus-caudales qui se trouvent à la face supérieur de la queue et des sous-caudales à la face inférieur. La queue ne dépassera pas plus de 3 cm de la dernière grande rémige.

     Les tectrices sont des plumes de revêtement ; elles recouvrent la base des rémiges et des tectrices, possèdent assez souvent un un hyporachis et montrent, à leur base, un léger duvet.

     2° Les plumes du duvet poussent soit dans les aptéries (espaces sans plumes véritables), soit dans les ptérylies, soit fans les deux. Elles sont touffues, petites, et leurs barbules naissent souvent d'un point commun situé à la base de la tige. Le tube est rarement bien développé.

 

     3° Les filo-plumes sont de petites plumes avortées sans tube  et tige bien différenciés ; elles portent quelques barbules à leur extrémité.

     Dans le renouvellement de la livrée des oiseaux, deux choses sont à considérer, à savoir : la chute des plumes; d'une part et leur renouvellement par des plumes de nouvelle formation.

     La chute des plumes, c'est-à-dire, la mue, est un phénomène physiologique qui s"accomplit normalement à certaines périodes de l'année lorsque les oiseaux sont en bonne santé. Pour que la mue s'effectue régulièrement, les pigeons doivent être sains, mais une fois tombée, la plume ne se remplace normalement et sans préjudice pour l'oiseau qu'à la condition que ce dernier reçoive, dans ses aliments, en quantité et en qualité, les éléments constitutifs de la plume.

b) Composition chimique de la plume

    La plume est essentiellement composée de protides et de substances minérales. Les protides sont des kératines caractérisées par une grande résistance aux agents hydrolysant et une forte proportion de souffre organique (3 à 5%). Les cendres renferment 27 à 40 % de silice, 0,008 à 0,015 de fluor, du zinc, du cuivre, des sels de calcium, des sulfates alcalins, etc.

     L'hydrolyse acide de la kératine d'une plume révèle 2,6% de Glycocolle. La plume est donc un élément de nature protidique riche en souffre.

     Dans ces conditions, les protéines les plus riches en souffre sont celles qui conviennent le mieux dans l'alimentation. Les plumes remplacées à l'occasion de la mue d'un pigeon représente 70 grammes de substances azotées.

 

Arginine, Histidine, Lysine, Tyrosine, Tryptophane, Phénylalanine, Cystine.

c) Le rythme de la mue du pigeon

    On peut dire que normalement, le pigeon mue toute l'année, mais le colombophile attache surtout de l'importance à la chute des rémiges de l'aile et à la tombée du duvet : c'est par les rémiges que la mue commence et c'est par le duvet qu'elle prend fin, dit-on souvent.

     La chute des rémiges a lieu vers la fin du printemps ou plus tôt selon que l'élevage a été plus ou moins précoce. Elle commence par la dixième rémige (11 ou 12 quand elles existent), c'est-à-dire celle qui se trouve près de l'arrière-aile. Lorsque cette dixième est tombée et que la nouvelle plume a atteint une certaine longueur, c'est au tour de la neuvième et ainsi de suite jusqu'à la première. La chute des grandes rémiges se font de la droite vers l'extrémité, tandis que la chute des rémiges de l'arrière-aile se fait du centre vers le corps, c'est-à-dire en sens inverse. Il faut une bonne vingtaine de jours pour que la plume remplaçante atteigne sa longueur normale, mais il y a de nombreuses exceptions à cette règle selon le genre d'élevage et de jeu, le régime alimentaire, la précocité des sujets, l'état de santé, etc.

 

     La mue des rectrices de la queue s'effectue d'une façon un peu spéciale, commençant d'abord par les plumes du centre, la 5° paire pour continuer par la 6° paire. Tombent ensuite alternativement les 4°, 3°, 1° et 2° paires, mais cet ordre n'est pas tout à fait absolu car il comporte aussi des exceptions de même nature que celles des rémiges.

     Les plumes tectrices tombent petit à petit, au moment de la chute de la 3° rémige, pour ainsi dire, sans que l'on s'en aperçoivent autrement que par leur présence au colombier ; cette mue dure tout l'été et doit être terminée en automne ; tombent successivement les tectrices du cou, de la tête, des épaules et du dos, mais en aucun cas, sauf pour les petites plumes du cou, celles des tarses et du croupion.

     Les plumes du duvet muent dès le début de l'hiver et parfois en assez grand nombre à la fois que le colombier en est parsemé : c'est un bon signe pour la santé des pigeons.

d) Des qualités de la plume remplaçante

     La plume remplaçante doit être de couleur franche quel que soit le coloris du pigeon. Elles seront de longueur et de largeurs normales, absolument régulière aux contours bien nets, luisantes, soyeuses, poudrées, douces au toucher. Un pigeon qui portent de telles plumes glisse dans la main et y laissent, de même que sur les vêtements de couleur sombre, des traînées de poudre blanchâtre et onctueuse en provenance de la glande uropygienne (située au-dessus du croupion)

 

     Les plumes ne porteront aucune strie en relief sur la hampe ; celle)ci sera, au contraire absolument lisse et luisante d'un bout à l'autre ; les barbes seront soudées les unes aux autres, de manière à former un tout compact et résistant aux pressions du vent pendant le vol. Enfin, les plumes se recouvriront en glissant aisément les unes sur les autres.

 

     La mue étant sous la dépendance de la glande thyroïde, on peut la provoquer, la faciliter, l'accélérer ou la freiner selon le jeu et les concours choisis.

     (Voir la page les Grands secrets de la colombophilie)

e) Quelques anomalies et défectuosités

    Il existe de nombreuses anomalies et défectuosités des plumes, parmi lesquelles on peut citer les plumes difformes, trop courtes, sèches, rugueuses, ternes, sans barbes et les plumes de "sang".

     Les déformations des plumes sont des plus variables : on rencontre, chez le pigeon, les plumes bifides à leur extrémité ou à leur base d'implantation ou encore les plumes fendues au milieu de leur longueur.

 

Les plumes trop courtes sont surtout remarquées au niveau des grandes rémiges : souvent c'est la première qui est plus courte que la deuxième.

Cela provient d'une mue difficile ou d'un excès dans les concours quand les pigeons sont enlogés coup sur coup pendant la mue de l'aile. Il ne faut d'ailleurs jamais enloger un pigeon quand une plume est sur le point de tomber. Cette plume peut muer en cours de route et c'est souvent un désastre ou, tout au moins, un sérieux retard à la rentrée.

     Les plumes sèches caractérisent un mauvais fonctionnement de l'intestin, voire une maladie parasitaire. Elles sont également ternes.

     Les plumes rugueuses signifient une déficience en protides et substances minérales (chaux et souffre) de la ration.

     Les plumes de sang est une jeune plume congestionnée à l'excès et qui, pour une raison ou l'autre, ne parvient pas à sortir du fourreau qui l'entoure. On prendra les précautions voulues pour ne pas blesser la plume naissante en ouvrant délicatement le fourreau.

 

     L'arrachement, les blessures, les coups portés à la base de la plume sont susceptibles de provoquer des lésions diverses, déviation, fente, cassure,etc. dans ce cas, les altérations subies par la plume se renouvellent à l'occasion des mues suivantes. parfois, cependant, on constate une légère amélioration à chaque période de la mue.

     Toute plume crevassée, fendue, toute plume qui présente des rainures plus ou moins profondes est mauvaise, en ce sens qu'elle indique que la nutrition générale a souffert au moment de la poussée de la plume.

 

     Les diverses maladies (vers, coccidies, diphtérie, coryza, typhose...), l'alimentation insuffisante ou incomplète, la carence en vitamine A et B, le voyage fatiguant au moment de la chute d'une plume ou de sa poussée ont un retentissement néfaste sur la qualité de la plume. La plume marque ainsi les diverses périodes pendant lesquelles le pigeon a souffert : mais les tares disparaissent à la mue suivante si la cause qui les a provoquées ont également disparu.

 

Un bon éleveur peut lire les marques laissées sur la plume ( en V, barre, trait fin ou point sur la hampe, petite décoloration, etc.) Il peut en déterminer la cause et en dater les manques.

 

     En résumé, voici la conduite à tenir lorsque l'on se trouve en présence de pigeons dont les plumes laissent à désirer : rechercher la cause en se rappelant qu'une plume anormale ou une mue défectueuse peut être due à des traumatismes, des infections microbiennes ou parasitaires, à une alimentation défectueuse, à la fatigue excessive au moment de la chute ou de la poussée des plumes.

 

 

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