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L' hygiène

I. Généralités

     En colombiculture, le succès dépend, en grande partie, des soins apportés à la construction, à l'aménagement et à l'entretien du colombier. Bien construit, bien orienté, bien entretenu, il ménage la santé des oiseaux, épargne la main-d’œuvre et facilite les diverses manipulations dont les pigeons sont l'objet au cours d'une saison.

     Les points essentiels à envisager sont les suivants : l'air et son renouvellement, la lumière, la chaleur, l'humidité.

     a) L'air

     Pour donner une idée de la quantité d'air nécessaire, signalons qu'un pigeon de 450 grammes consomme, par heure, environ 1 litre 25 d'oxygène, soit 30 litres en 24 heures., ce qui correspond à 660 litres d'air à peu près. Pour un colombier de 20 pigeons seulement; le cube d'air respiré, en 24 heures, est de 13 m3 200. Mais cet air doit être renouvelé car l'air vicié et confiné est absolument néfaste : il ralentit les combustions organiques, trouble le jeu normal de toutes les fonctions et prépare le terrain aux maladies les plus diverses.

     Un moyen pratique de se rendre compte si le pigeonnier est bien aéré (c'est-à-dire, s'il est suffisamment spacieux) et si l'air s'est renouvelé, est de s'y rendre le matin, avant la sortie des pigeons, dans le but primordial d'observer la température qui y règne et l'état de l'atmosphère : la moindre odeur est un signe certain que les oiseaux ont passé la nuit dans un air confiné.

 

     Pour bien montrer la nécessité qu'il y a de maintenir constamment un air parfaitement pur dans le colombier, ajoutons encore qu'étant dépourvu de glandes sudoripares, les pigeons - au même titre que les autres volailles - ne transpirent pas et qu'ils ne parviennent à régulariser leur température interne que par une respiration régulière amenant une consommation d'oxygène très élevée, beaucoup plus importante par kilogramme de poids vif que chez les autres espèces animales, et cela d'autant plus chez les oiseaux, le même air est respiré 2 fois : une première fois , l'air respiré par les narines traverse les poumons puis va s'engouffrer dans les sacs aériens, les os et les muscles. Refoulé de là, il traverse une seconde fois le poumon pour être finalement expulsé.

 

     Chez le pigeon, le nombre de respirations est en moyenne de 40 à 50 à la minute, au repos : pendant le vol, on compte une respiration par battement d'aile, soit 400 à 500 à la minutes. Au-delà, le sujet est impropre, (comme les battements du cœur) au vol.

 

     Ces règles, ainsi comprises et appliquées par l'amateur, lui permettra un meilleur rendement sportif de ses sujets.

     b) La lumière

     Le soleil est le meilleur désinfectant, le meilleur agent bactéricide, le meilleur hygiéniste. Aussi, tous les locaux seront-ils largement éclairés, sauf de rares exceptions pour le jeu du veuvage, par exemple, où la lumière peut être momentanément tamisée pour favoriser la tranquillité et le repos.

     Les rayons chimiques de la lumière solaire jouent un rôle capital ; ils stimulent la croissance des jeunes et les multiples fonctions vitales de l'organisme.

 

     C'est toujours une erreur de maintenir des nichettes dans les coins obscurs et de faire de l'élevage dans les colombiers sombres : le soleil devrait avoir accès, indirectement tout au moins, dans tous les nids, comme c'est le cas pour les oiseaux sauvages chez lesquels la croissance est infiniment plus rapide que dans les espèces domestiques. Il faut 15 jours pour un ramier de s'en sortir seul. Il est inondé de lumière dès les premiers jours de son éclosion et qu'il respire à plein poumon, un air parfaitement pur. Il vit et se développe au grand air ; c'est tout vous dire !

 

     La lumière intense provoque une augmentation du nombre des globules rouges du sang, tandis que, d'autre part, l'organisme baigné de lumière élimine plus d'acide carbonique et subit une véritable cure de désintoxication. L'air confiné, la grande humidité des locaux privés de lumière, joints aux courants d'air alternant avec les excès de chaleur, constituent un ensemble de conditions favorables à l'éclosion des maladies. D'une façon générale, l'absence de lumière prédispose à l'insensibilité, à la tristesse et à l'inactivité, tandis que l'abondance de lumière prédispose à la gaieté, à l'activité, à l'exubérance.

 

     C'est vraisemblablement par l'intermédiaire de l’œil que la lumière agit sur les centres nerveux, sur tous les centres nerveux et sur certaine glande à sécrétion interne, telle l'hypophyse, laquelle agit directement sur la thyroïde et les glandes génitales. C'est une définition à ce que l'on appelle la "forme" chez le pigeon.

 

     Quand à l'action de la lumière sur la nutrition, les avis sont divergents tout au moins en ce qui concerne le mécanisme d'action de la lumière, mais on en constata les effets. La lumière est favorable aux échanges nutritifs si bien que l'obscurité ou la semi-obscurité est largement mise à profit de l'engraissement. Dans ce cas particulier, il y aurait, dans l'obscurité, une diminution des échanges organiques et un accroissement des réserves de graisse. Encore une fois, pas de "mise en forme" possible dans les colombiers mal éclairés.

 

     La lumière a également pour effet d'exalter les fonctions respiratoires pulmonaires et cutanées ; elle augmente l'élimination des chlorures de l'organisme en même temps qu'elle accroît la fixation des sels de chaux : elle constitue, de la sorte, le premier traitement du rachitisme.

 

     Enfin, ses effets sur la musculature et l'ossature sont remarquables : on constate un raffermissement et un développement harmonieux des muscles que l'on attribue à l'excitation des fibres musculaires par l'intermédiaire du système nerveux ainsi qu'à une amélioration du taux de calcium dans l'organisme. Cette action favorable de la lumière solaire explique, notamment la guérison des lésions osseuses et articulaires.

 

     C'est également à la lumière solaire que l'on attribue le pouvoir de rétablir le déséquilibre minéral  rompu dans certaines maladies telles le rachitisme.

     c) La chaleur

     Le pigeon craint plus la chaleur que le froid : c'est assez dire que le colombier doit être constamment tenu dans une atmosphère de fraîcheur. C'est état est réalisé, d'une part, en réglant la ventilation suivant le temps et, d'autre part, grâce à la façon dont le colombier aura été construit et aménagé intérieurement. Disons, tout de suite, que la température intérieure du colombier, indiquée au thermomètre placé dans le fond, à mi-hauteur, au niveau des nids, ne devrait jamais dépasser 14°.

     En hiver, quoiqu'on en dise et quelles que soient les raisons sportives ou autres invoquées, la température ne peut jamais descendre beaucoup en dessous de zéro degré dans les nids au cours de la nuit pendant plusieurs nuits consécutives.

 

     Que les adversaires de cette façon de voir et ils sont nombreux, fassent la contre-épreuve, avant de rejeter la méthode. Des chercheurs de renom ont démontré par des expériences pour le ministère de la défense et à tous les colombophiles qui veulent les écouter que les pigeons ont tout à gagner à ne pas séjourner pendant des longues heures de la nuit, dans les locaux où sévit le gel intense. Au contraire, ils y perdent toujours tôt ou tard car, les troubles occasionnés par le froid rigoureux se manifestent tardivement alors que la cause a disparu. L'amateur mettra tout en œuvre afin d'éviter ce grand désastre sportif en les changeant d'endroit durant la période de gel intense.

 

     Remarquons, toutefois, que des chercheurs (science, 1948, 107, 171) ont déterminé la durée de survie de différents animaux à sang chaud aux très basses températures : leurs observations ont porté sur le pigeon, les volailles, les canaris, les souris, les rats et les lapins, et la température de la chambre froide oscillait entre - 34° et  +37° Celsius. L'adaptabilité aux basses températures est très variable. Les pigeons semblent particulièrement bien adaptés aux basses températures ; en effet, un pigeon a survécu pendant 78 heures à une température de - 35°. La plus basse température compatible avec le maintien pendant 1 heure de la température corporelle était pour le pigeon de - 85° ; pour les volailles - 50° ; pour les lapins - 45° et pour les rats blancs de - 25° Celsius.

     d) L'humidité

     Avec les courants d'air, l'humidité est le pire ennemi du pigeon. Généralement, cependant, on croirait que les colombiers ne sont pas humides par suite de leur situation en hauteur. Et cependant, il y a des colombiers qui sont réellement humides, non pas par leur mauvaise orientation que de leur emplacement défectueux. C'est souvent l'un ou l'autre côté qui est mal protégé contre la pluie et c'est par là que vient et se maintient l'état constant d'humidité du local. On y remédie aisément en protégeant la paroi incriminée au moyen de plaque d'éternit ou par une plantation ou encore en aménageant un couloir de ce côté lorsque c'est possible.

 

     La ventilation abondante enlève l'humidité, mais ce n'est là qu'un palliatif car elle ne s'attaque pas à la cause : elle risque de plus, de provoquer des courants d'air nuisibles. Or, le froid humide est des plus dangereux : il provoque des troubles de la circulation périphérique et profonde par vaso-dilatation, on admet la possibilité de troubles humoraux.

 

     Enfin, rien n'est plus néfaste au pigeon que de tomber dans un colombier froid et humide en rentrant d'une étape. C'est souvent là qu'il faut chercher l'origine du coryza et autres maladies de l'appareil respiratoire et la réceptivité à diverses maladies contagieuses, au mal d'aile, etc.

II. Le colombier des adultes

     a)  Emplacement

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